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17-20 october 2017
Epernay - Le Millesium

Quel avenir pour le cava en Belgique ?

Selon une information de notre confrère belge, le magazine Vino, relayée par le bureau Ubifrance à Bruxelles, il se produit une fronde au sein de la dénomination espagnole « cava ».

En effet, plusieurs maisons, et non des moindres, ont décidé de ne plus commercialiser leurs effervescents sous cette dénomination. Après Albert i Noya, Mas Comtal ou encore Loxarel, c’est au tour de Raventos i Blanc, l’une des maisons de cava les plus emblématiques, de rejoindre ce mouvement.

Selon Vino magazine, celui-ci annonce « une période orageuse chez certains producteurs espagnols, et ce malgré un boom exceptionnel des ventes ces dernières années sur le marché belge ». Mais pas seulement. Sur d’autres marchés clés comme celui de la Grande-Bretagne, le cava s’est fait une place importante grâce à son positionnement prix attractif, voire son rapport qualité-prix tout court. Oui, mais voilà qu’à force de proposer des prix imbattables, les maisons les plus qualitatives déplorent la dévalorisation de l’image du cava.

Leader de la catégorie en Belgique, avec près de 46% des volumes de vins effervescents en 2012 (contre 14,2% en 2008), le cava se commercialise dans certains cas à 2,99 euros la bouteille, notamment dans la partie flamande du pays, en raison de la guerre des prix acharnée que se livrent les géants du secteur, Freixenet et Codorniu.

Pour les autres maisons, le cava est devenu un produit trop bon marché, dévalorisant ainsi le travail effectué par les vignerons, qui s’estiment prisonniers d’une appellation désormais aux mains de négociants sans avoir la possibilité d’en sortir. Selon Pedro Ballesteros (Master of Wine), il n’y a que deux solutions pour le cava : soit « une rénovation de l’appellation cava permettant la revendication de l’origine des vignobles », soit « la création d’une association privée de vignerons qui imposerait une charte contraignante très stricte ».

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la déconfiture du cava – qui a redynamisé le secteur des bulles en Belgique – pourrait profiter à nos mousseux français offrant une qualité et un prix juste.

lajourneevinicole.com – Janvier 2013