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17-20 october 2017
Epernay - Le Millesium

L’avenir de la viticulture est dans les applis

« Aujourd’hui, il n’y a pas un outil d’aide à la décision en viticulture qui ne soit décliné en version mobile, constate Gilles Brianceau, animateur du cluster Inno’Vin. Ces outils vont forcément se développer », prédit-il.

L’enjeu de ces nouvelles applications est de proposer « des expériences et une performance du métier améliorées », selon Axel Johnston, UX designer chez Akiani. L’application ProGusto (dont le lancement est prévu en septembre 2015) en est un exemple. Elle propose la numérisation d’un carnet de notes de dégustations de baies, moûts et vins à l’usage des professionnels (consultants, journalistes et autres négociants ne se retrouvant plus dans leurs piles de calepins). Mais l’outil va plus loin en proposant une modélisation de la dynamique de dégustation en bouche et, surtout, une représentation visuelle des arômes.

Déjà utilisée en Californie et en Languedoc-Roussillon, l’application ITK Vigne illustre la capacité d’interconnexion des technologies. « À partir des données météo réelles, nous estimons le niveau de stress de chaque parcelle », indique Marc Gelly, directeur projet vigne ITK. Cette application indique le besoin en eau de la vigne et se couple avec des objets connectés (pompes et compteurs volumétriques) pour optimiser l’apport en eau.

DES OUTILS D’AIDE À LA DÉCISION

À en croire Alain Sutre, de D2E, ces interconnexions sont incontournables pour donner naissance à de véritables outils d’aide à la décision. Son entreprise a développé des capteurs GPS qui suivent les déplacements des tracteurs effectuant des traitements. Une application trace ensuite leur itinéraire et communique les délais de rentrée aux opérateurs concernés. L’exploitation automatique des données est inscrite dans l’avenir de la filière. Selon Alain Sutre, demain, « les algorithmes ne prendront pas de décision à notre place, mais ils formuleront des propositions parmi lesquelles nous pourrons choisir ».

L’enjeu de l’automatisation est également au cœur du projet développé par Jean-Marc Armand, chercheur à l’Inra, et Patrick Ducournau, de Kasual Business. Leur objectif : déterminer à partir de la photo d’une feuille de vigne, le cépage ou le porte-greffe photographié. Encore en développement, cet algorithme ampélographique pourrait également être transposé à la reconnaissance des maladies de la vigne pour un diagnostic automatisé.

La tendance mobile des technologies vitivinicoles est donc émergente. Plus que la créativité, le principal enjeu de ces outils reste leur modèle économique. « Je crois que, demain, toutes les applications seront gratuites et seront la composante d’une offre de services. Le marché n’est pas prêt à rémunérer à sa juste valeur un logiciel », conclut Olivier Zébic, d’Inozy.